LE GLOBE DE L'HOMME MOYEN

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mardi 12 mai 2009

C’EST LE PRINTEMPS…

CE QUE J’ÉCRIRAIS

Je me demande parfois ce que je voudrais vraiment écrire, si j’en étais capable.
Il m’est arrivé d’écrire ce que je voudrais vraiment écrire ; mais ça ne m’aide guère, parce que ç’a toujours été un peu par hasard, pour ainsi dire à mon insu de mon plein gré, comme dopé par une intervention extérieure quasi miraculeuse, providentielle en tout cas.
Généralement, j’évite soigneusement d’écrire ce que je voudrais écrire, tout comme la plupart d’entre nous font de leur mieux pour ne pas vivre ce qu’ils voudraient vraiment vivre.
Parfois, sous l’emprise de quelque psychotrope, ou soulevé par l’élan d’une matinée ensoleillée, ou porté par un groupe euphorique, je me pose pour de bon la question.
Aujourd’hui, en proie à une folle témérité, je tente même d’y répondre.
Si j’en étais capable, voici ce que j’écrirais.

Si j’osais, si je pouvais, si je le voulais vraiment
j’écrirais le monde et il serait nouveau
le même que j’ai connu mais par moi recréé
le feu flamberait plus fort et la pluie battrait mes joues sous ma peau
je ne serais pas celui qui parle du loup mais je serais le loup
et mes mots hurleraient à la lune
hurleraient si fort à la lune qu’enfin
premier de tous les loups je la décrocherais !

Si j’en étais capable chaque mot que je proférerais s’incarnerait
et je tuerais tous les faux dieux dont le verbe s’est fait chaire
les Allah et les Jehovah et les Jésus-Christ,
tous les prophètes de bonheur avec leurs soixante-dix vierges
oui si j’osais chacun de mes mots déchirerait un voile
hisserait une voile
chacun de mes mots enfanterait une étoile !

D’un souffle j’enflammerais les cendres
rallumerais les yeux éteints qui m’ont tant manqué
d’un coup je reprendrais toute la hauteur qui me revient…

Si j’en étais capable mes mots auraient des ailes
flèches foudre raz-de-marée
galaxies éclatant aux mille coins de l’univers
la fantasmagorie des formes insensées
si j’osais mes mots repeindraient la vie
aux couleurs d’un arc-en-ciel éblouissant
Car je suis le kaléidoscope
celui qui toujours le même ne cesse de changer
tube borgne où s’agitent confettis et paillettes
tube nain où se réincarne le monde
où s’enchante la vraie vie
où résonne à l’infini la musique des couleurs

Et voici que j’ose
kaléidoscope
et que je peux
très humblement
comme nous tous
être moi-même
dieu

Car ce que je voulais vraiment écrire
je viens de l’écrire
et que nul ne le lise
n’empêchera pas que je l’aie écrit
dieu
minuscule
dieu
ridicule
dieu
lamentable
mais dieu quand même
en quête d’autres dieux
les vrais
les seuls
mes semblables
quand ils osent
mes si différents pareils
pour ensemble nous recréer
et le monde avec nous

Je me demande
puis-je me contenter
de n’être pas capable ?

vendredi 24 avril 2009

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jeudi 16 avril 2009

LE TRAVAIL, CETTE MALADIE


TRAVAIL
Je le dis avec une certaine fierté, j’ai toujours éprouvé un immense plaisir à ne rien faire pendant que les autres travaillent. Maladie, convalescence, séjour à l’hôpital, sieste, tout m’est occasion de m’abandonner à l’écoute voluptueuse de la rumeur de la vie, de contempler la vie en cours au lieu de participer à la vie en course.
J’adore être témoin, reposer, presque flotter, dans la bulle de mon silence intérieur, tout en écoutant le remue-ménage atténué de la fourmilière berçant mon heureuse vacuité. Contraste jouissif entre la présence du fait néant et l’aliénation des hommes occupés ! Curieusement, c’est dans ces moments-là, trop rares à mon goût depuis que je jouis de l’odieux privilège d’être adulte, que je ressens le plus fortement ce bonheur d’exister qui donne son vrai sens à la vie. « Je suis », tout simplement, tout bêtement si vous voulez.
C’est le drame des paresseux qui ne s’acceptent pas tels de s’astreindre constamment, par une culpabilité mal placée, à travailler, alors qu’ils ne sont pas faits pour ça.
Ce n’est pas que je ne travaille pas ; je travaille, mais pour mon plaisir, je travaille, mais quand il me plaît ; je travaille, et même beaucoup, et probablement plus que la plupart des bosseurs compulsifs, si épuisés par leur agitation frénétique qu’ils perdent un temps fou à ne rien faire et souvent pendant leur travail même, comme si un disjoncteur leur coupait le courant pour éviter la surchauffe et le court-circuit qui les menacent sans cesse.
Impossible de ne pas les trouver ridicules, ces hommes occupés, envahis… Et odieux quand ils prétendent nous occuper, comme s’ils ne nous envahissaient pas déjà que trop ! Ce que je n’accepte pas chez les drogués du travail, c’est qu’ils ne se contentent pas d’être masochistes, il leur faut encore jouer les sadiques en voulant nous rendre aussi malheureux qu’eux.


À la nuit tombante, la pêche au soleil © Sagault 2008

vendredi 3 avril 2009

POISON D’AVRIL : LETTRE OUVERTE AUX GOUJATS


LETTRE OUVERTE AUX GOUJATS

Non, vraiment, la colère m’étouffe ! Il faut que ça sorte !
Il ne me suffit pas d’aller voter. Je veux vous dire ce que je pense de vous, les candidats, de vos experts et des élites qui vous soutiennent !
Vous tous, les pharisiens et les marchands du Temple, les menteurs, les écornifleurs, les escrocs à la petite semaine, les agités du portefeuille !
Vous n’arrêtez pas de me surprendre, et plus je m’indigne, plus vous me donnez de raisons de m’indigner : car vous n’êtes pas seulement des exploiteurs, ni des hypocrites et des menteurs, non !
Je n’y avais pas pensé, vous me l’apprenez : vous êtes des victimes !
Et nous des comploteurs, des ennemis de la liberté, puisque nous en avons un peu assez de vous regarder nous tromper, nous manipuler et nous voler...
Victimes innocentes, comment pourriez-vous être responsables ?
Voilà votre triomphe !
Quoi que vous ayez fait, vous n’êtes jamais responsables...
Mieux, c’est toujours de notre faute.
Car nous sommes coupables de ne pas comprendre et de ne pas accepter la réalité.
C’est vrai, quand même ! De quoi nous mêlons-nous ?
Je vous entends d’ici : Vous n’aimez pas mentir, vous n’aimez pas voler ? Alors, laissez-nous faire ! Vous ne voulez pas vous enrichir n’importe comment ? Si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres !
Place aux experts, place aux élites !
Moi, je sais ce que c’est qu’un expert : c’est quelqu’un qui n’est jamais responsable de ses conneries, et qui a toujours raison, surtout quand il a tort.
Trop facile d’avoir raison quand on a raison ; la marque du vrai expert, c’est qu’il peut prouver qu’il a raison même quand il a tort.
Mais l’élite des experts, le comble de l’art, ce sont ces types formidables qui arrivent à faire accepter aux autres des sacrifices qui leur permettront de ne pas en faire eux-mêmes.
La définition du gagneur, dont on nous a tant rebattu les oreilles : celui qui fait payer ses pertes aux autres.
Vous qui allez tant à la messe, et qui vous dévouez tant à autrui, lisez donc l’évangile : Il est plus difficile à un riche...
Et si vous nous lâchiez un peu les baskets ?
Nous, on ne vous a rien demandé !
Et pour tout dire, vous commencez à nous fatiguer.
Nous avons essayé de vous accepter, nous pensions que vous alliez bien vous assagir un jour, et finir par être utiles à quelque chose.
Nous avons fait semblant de ne pas voir à l’oeuvre les termites sociaux que vous êtes. Nous nous sommes voilé la face. Mais vous avez tellement insisté que nous sommes bien obligés de vous voir comme vous êtes !
Et franchement, vous n’êtes pas beaux à voir.
Je me suis longtemps demandé qui vous étiez vraiment.
Et puis j’ai entendu Édouâârd expliquer que tout l’argent qu’il avait gagné en se croisant les pouces l’avait été de façon parfaitement légale, en se soumettant en somme – en grosse somme ! – à la règle commune.
Pouce ! ai-je hurlé. Stop ! J’ai trouvé.
Messieurs et mesdames des élites, je sais maintenant qui vous êtes.
Vous êtes des goujats.
Pas seulement des voleurs, pas uniquement des menteurs. Vous êtes des cyniques, des pharisiens, et des incapables, je vous l’accorde bien volontiers.
Mais avant tout, en fin de compte – en banque et en Suisse –, vous êtes, je persiste, des goujats.
Il faut être un sacré goujat pour avoir le courage d’expliquer aux SDF et aux Rmistes, aux chômeurs et aux smicards que rien dans la loi ne les empêche de faire des plus-values de 2,5 millions de francs !
Et qu’il ne tient qu’à eux de payer l’impôt sur la fortune, en exerçant des "activités de conseil" aussi reposantes que lucratives.
La loi est la même pour tous, chevrote benoîtement ce bon Balladur. Mais pas les profits !
Que vous nous crachiez à la figure, nous nous y étions habitués. Mais qu’il faille en plus vous dire merci, désolés, ça ne passse pas !
Goujaterie, vous dis-je !
Nous savons très bien, nous, que si nous nous faisions piquer à essayer de gagner 500 francs au noir, on nous couperait les vivres, on nous traduirait en justice, on nous ferait goûter de la taule, ferme !
Ce qui est frappant avec vous, les élites actuelles, les politiques, les patrons, les riches, ce n’est pas tant votre absence totale de valeurs morales, c’est votre impudeur.
Pire, votre inconscience : vous êtes si parfaitement corrompus, si enracinés dans la boue que vous êtes "honnêtement" persuadés d’être honnêtes !
Vous n’éprouvez pas le plus léger doute, pas le plus petit remords, pas la moindre gêne. Noir ou Carignon, Garretta ou Longuet, Tapie ou Suard, même combat : pris la main dans le sac, vous vous indignez, vous vous dressez vertueusement sur vos ergots, vous défendez votre "honneur" !
Scandalisés qu’on ose s’en prendre à vous : à force de culot toujours vainqueur, vous en êtes venus à confondre impunité et innocence...
Vous êtes pires que les maffiosi : eux au moins savent qu’ils sont coupables.
C’est ça, le comble de la goujaterie : les profiteurs qui se proclament innocents, les voleurs qui respectent la loi.
Pasqua et Mellick mentent comme ils respirent ? Pas grave, que dis-je, normal. C’est pour la bonne cause – la seule – : la leur.
En somme, vous avez fait vôtre la morale de Mitterand : jamais responsable !
Haberer, pas responsable, Dufoix, pas responsable, Garretta, pas responsable !
Logique : vous êtes les experts, les élites ; vous ne pouvez pas vous tromper.
Les responsables, ce sont ceux qui ne vous laissent pas mentir et voler en paix, ceux qui ne vous croient plus, c’est à dire l’immense majorité des électeurs.
Tous ceux qui ont envie de voter "nuls", parce que vous l’êtes.
Vous n’avez de remarquable que votre infernal culot. Il en faut pour oser nous demander de croire en vous...
Regardez-vous un instant, regardez ce que vous nous avez donné à voir depuis des années !
Ça y est ? Vous vous êtes vus ? Vous comprenez enfin que nous ne pouvons pas vous respecter ? Ça se mérite, le respect.
Alors, s’il vous plaît, pour une fois, respectez-vous, et respectez-nous : retirez-vous !
Nous vous avons assez vus.
Hein, les guignols ? Si vous faisiez relâche ?
Bien sûr, vous ne voudrez pas.
Et si personne n’allait voter ? Si nous lâchions toutes ces marionnettes que nous tenons au bout de nos bulletins de vote ?
C’est nous qui les faisons remuer, ces pantins.
Fourrons-les dans une malle et portons-les au grenier.
Promis : on vous ressortira une fois l’an, pour le Carnaval.

LE G 20, UN TRIOMPHE PLANÉTAIRE !

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