Lettre d’Infos, Juil. 2014
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DE JULES BRETON À ALAIN SAGAULT, UNE FAMILLE DE PEINTRES

continuité et différence

Exposition à la Bergerie de Tournoux, du 1er au 20 août

« Peindre, c’est proposer une vision du monde. Chacun de nous a la sienne, qui naît aussi, avec elles, contre elles, de celles qui l’ont précédée. Ainsi nourrie, la peinture parfois se transmet sur plusieurs générations, si bien qu’à travers les différences d’époque, de tempérament, mais aussi de technique et de vision, apparaît une continuité fondamentale dans le désir récurrent de partager notre émotion personnelle devant la persistante beauté de notre monde. »

L’association Temps partagés réunit cette année à Tournoux quatre générations d’une famille de peintres, quatre regards de peintres, de Jules Breton, son trisaïeul, à Alain Sagault, en passant par Adrien Demont, Virginie Demont-Breton et leur fille Adrienne Ball-Demont.

Le 1er août 2014 à 20h45 :

Conférence de Françoise Alexandre :
« De Jules Breton à Alain Sagault, une famille de peintres. »

Françoise Alexandre présentera à travers oeuvres picturales et écrits poétiques et autobiographiques cette étonnante lignée d’artistes qui se consacre à l’art depuis près de deux siècles.
Gratuit, dans la limite des places disponibles.

L’exposition, en accès gratuit, est ouverte à la Bergerie de Tournoux (04530, Saint-Paul-sur-Ubaye), chaque jour de 15 h 30 à 19h.
Attention : du 11 au 14 août, l’accès à l’exposition est réservé aux auditeurs des concerts de la Semaine musicale de Tournoux.

Email :contact.tempspartages@gmail.com Tel : 06 10 23 61 26

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« La peinture est une maladie qu’on transmet à ses descendants. Notre famille en est un exemple. »

Adrien Demont, Souvenances, 1927

Quand André Gide…

Quand André Gide s’écrie « familles je vous hais » il accuse le rôle et l’influence de la famille. Utile ou néfaste, enrichissante ou castratrice, la famille ?
Le risque de se situer dans le sillage familial n’est pas mince.

Cette exposition pourrait engendrer une confusion, à lever d’emblée.
Il ne s’agit pas d’opérer un rapprochement artificiel du fait d’une filiation patrilinéaire entre artistes d’époques différentes, mais plutôt de constater comment un même point d’origine peut induire des différences qui finissent curieusement par rapprocher, du fait d’un regard imposé par le lieu. Ce n’est qu’après, longtemps après, que de très surprenantes coïncidences peuvent apparaître. Seul en partage à des générations de distance, le motif d’origine se constitue comme un formidable déclencheur.
Vrai pour la baie de Wissant, comme ce le fut aux orées du siècle précédent pour Collioure ou L’Estaque avec les Fauves et les Cubistes.
La fidélité à un territoire sauvegardé engendre des émotions et des évocations dont la traduction picturale se révèle d’autre nature. Ne serait-ce que pour ce qui concerne, dans le cadre de cette exposition, les techniques employées, peinture à l’huile ou aquarelle.
Les ruptures prolongent parfois, comme le montrent ces cartes postales d’un même endroit, « hier et aujourd’hui ».

Alain Sagault peint malgré le poids de ses aïeux. Après avoir ressenti leur imposante présence imposée à sa jeunesse, il a fini par grimper sur leur épaules, en supposant sans doute leur accord implicite, pour prendre son envol. Parvenant à s’en détacher, il s’en est peu à peu rapproché.

Jean Klépal, juillet 2014

Depuis une dizaine d’années mon approche s’oriente toujours davantage, à travers notamment l’aquarelle, vers ce que j’appelle le presque rien, à la recherche des couleurs de la lumière.
Cette recherche, je me rends compte chaque jour davantage de ce qu’elle doit à la lumière de la baie de Wissant dont mon inconscient d’enfant a été si tôt et si profondément pénétré. Ce paysage originel, métaphore de l’infini, rejoint par la suite par d’autres, Venise, l’Irlande et la montagne de l’Ubaye, s’est ancré dans mon regard au point de renaître sans cesse dans ma peinture, sous les aspects infiniment variés que déploie chaque jour sous nos yeux le jeu sans cesse recommencé de l’amour entre la terre, l’eau, l’air et le feu.

Alain Sagault