Alain Calvet, l’homme et les métaux

Le Carcassonnais d’origine qu’il est a gardé une personnalité brute, de toute sophistication. Une vision puriste des objets et des matières. Alain Calvet excelle dans un imaginaire qu’il sait forger avec la pureté des matériaux. Et quel matériau, le métal. Il a depuis toujours ce goût du contact avec la matière brute. Comme pour démontrer que la pureté peut prendre des formes artistiques inimaginables.

Arrivé en 1965 dans le Midi, en provenance de Paris où il était élève ingénieur, il travaille au centre d’études nucléaires de Cadarache et se met à sculpter. La pierre, le bois, un peu certes, mais sans y trouver la résonance de son art. C’est dans la frappe du métal, réchauffé par un chalumeau, devenu indispensable, que le Cathare devenu Provençal, va donner forme. "Les premières sculptures en métal étaient des bouquets. Mes premières réalisations m’ont apporté de la déception".

Et puis, de plus en plus, j’ai épuré les formes, en étant toujours à la limite du figuratif et du non figuratif. Ce que j’aime, c’est le côté évocateur, qui apparaît tout de suite, même avec de simples bouts de métaux. La ferraille, c’est mon plaisir ! J’y associe volontiers le verre mais je ne suis pas verrier."

Installé d’abord à Manosque, où il participe d’ailleurs à la création de la MJC, il trouve refuge dans une bâtisse à Reillanne, il y a dix-huit ans. La Repentance, chemin de Trèchiou, devient alors lieu de toutes les tentatives artistiques, j’aime bien réaliser de grandes sculptures extérieures mais je suis obligé de faire aussi des formats qui correspondent aux expositions d’intérieur. Lorsque je prends des bouts de métaux, parfois de nature différente, au contact de la matière dans la main, me vient l’inspiration. Je chauffe, je tords et je soude pour donner corps à ce que j’ai dans la tête. Pour l’an prochain, je prépare une exposition au musée de la Préhistoire à Quinson où justement je dois réaliser différents formats."

Voilà une dizaine d’années, l’idée est venue à Alain Calvet de réunir quelques artistes amis, d’ici ou d’ailleurs, à travers l’association Témoignage contemporain."

Avec des copains comme Roux de Gréoux-les-Bains, Risbourg d’Aix-en-Provence, et bien d’autres, l’objectif était de faire des manifestations artistiques dans la région. C’est ce que nous avons réalisé d’ailleurs à Forcalquier, à Céreste, à Saint-Etienne-les-Orgues, etc. Histoire d’être présents dans le coin. Nous n’avons pas d’autres prétentions."

Tout comme Reillanne en sculptures, dont la première édition remonte à 1998. " L’idée était de planter aux beaux jours, de mai à septembre, en plein air, dans le village, des sculptures modernes, suscitant la curiosité de chacun et interpellant l’imaginaire. " Depuis Reillanne en sculptures a investi la programmation départementale de l’Art de mai. Chaque année, une trentaine de sculptures viennent orner les coins et recoins du village. " Pourtant cette année, je suis déçu, sur une trentaine de sculptures, une quinzaine ont été vandalisées. Je suis très gêné vis à vis des sculpteurs, qui me téléphonent de loin pour pouvoir exposer à Reillanne en sculptures. Nous ne pouvons pas continuer dans de telles conditions, il est impensable de rendre une œuvre partiellement abîmée à son auteur."

Néanmoins cette idée d’exposition en plein air reste plus que jamais d’actualité. En effet, l’association Témoignage contemporain a en projet de dénicher un lieu extérieur, avec un accès gratuit, pour exposer à l’année. " Il faudrait que nous trouvions un lieu extérieur libre d’accès, avec des expositions toute l’année mais qui serait protégé la nuit, en étant gardé ou en fermant l’accès. Si possible dans le coin, sinon nous le ferons ailleurs, nous sommes une association régionale, basée à Reillanne."

Avec un budget annuel de 15 000 Euros, dont 800 Euros et des avantages de mise à disposition venant de la municipalité, Alain Calvet a la noble et unique ambition que l’association soit un témoignage d’une sensibilité artistique du moment.

Mickaël CAVALIER.
Journaliste indépendant.

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